Informations
Informations Juridiques
L’avantage Madelin en matière de réduction sur l’Impôt sur le Revenu.
Télécharger le document
Loi de finances décembre 2008
1/ La loi de finances de décembre 2008 a été votée : quelle nouvelle
mesure a été adoptée concernant « l’avantage Madelin » ?
Il y a deux grandes nouveautés qui concernent les Business Angels, l’une qui va
jouer sur la réduction d’Impôt sur le revenu, et l’autre qui va avoir une influence
sensible sur la réduction de l’Impôt sur la fortune (ISF) si les Business Angels
investissent au travers de sociétés holding.
Au niveau de l’Impôt sur le Revenu, l’article qui a été voté (et qui répond Ã
une demande déjà ancienne des Business Angels) instaure un nouveau plafond
de la souscription annuelle au capital d’une petite entreprise (PE) à 50.000€
pour les célibataires et 100.000€ pour les couples. Cette mesure s’applique si la
souscription est faite dans des petites entreprises au sens européen du terme,
c'est-Ã -dire des entreprises qui :
- comptent moins de 50 salariés
- ont un bilan ou un chiffre d’affaires inférieur à 10 M€
- sont créées depuis moins de cinq ans
- sont en phase d’amorçage, de démarrage ou d’expansion
- ne sont pas en difficulté
- ne relèvent pas d’un secteur exclu (Les houillères, la sidérurgie et la
construction navale)
Ce nouveau régime de la réduction « Madelin » pour l’investissement dans les
petites entreprises ne se cumule pas avec le régime Madelin habituel
-qui perdure- mais se juxtapose dans la limite supérieure des 50.000 ou
100.000€.
En d’autres termes, on ne va pas cumuler 20.000€ d’abattement au titre du
Madelin traditionnel et 100.000€ au titre de la nouvelle réduction petite
entreprise.
2/ Et concernant les avantages sur l’ISF, quelles sont les nouveautés ?
En matière d’Impôt sur la fortune, France Angels a essayé d’agir pour éviter
les dérives qui ont été dénoncées par un certain nombre de parlementaires,
notamment, en essayant de cibler les investissements sur la petite entreprise et
sur la création et l’amorçage. France Angels n’a pas encore été entendu ; le
Sénat notamment, et ensuite les commissions paritaires, ont instauré une
nouvelle limite aux holdings ISF. Elle concerne essentiellement le nombre
d’actionnaires ou d’associés, qui est porté à 50. Attention, cette limitation
s’applique aux holdings ISF et non pas aux investissements directs dans des
PME. Ainsi, pour bénéficier de la réduction ISF, il ne faut pas que la holding ait
plus de 50 associés ou actionnaires. Il ne faut pas non plus que cette société
accorde une garantie en capital à ses propres associés ou actionnaires, en
contrepartie de leur souscription, ni aucun mécanisme automatique de sortie, au
terme de 5 ans. Donc aucune garantie de sortie pour l’actionnaire, ni dans la
durée, ni en montant. Autre condition instaurée par cette loi de finances, il faut
que cette société ait exclusivement pour mandataires sociaux des personnes
physiques ; c'est-à -dire qu’aucune personne morale ne peut être membre du
Conseil de surveillance, du Conseil d’administration et a fortiori, ni Directeur
général, ni Président…
Une bonne nouvelle pour les Business Angels, mais qui n’est pas comprise dans
la loi de finances en tant que telle : Bruxelles a accordé à la France un
rehaussement des plafonds d’investissement dans le cadre des aides des
minimis et des aides spécifiques à l’investissement dans les PME. Le seuil de
200.000€ passe ainsi à 500.000€ et le seuil de 1.5M€ passe à 2.5M€, ce qui
permet aux Business Angels d’investir directement ou indirectement dans des
projets beaucoup plus importants que précédemment.
3/ Quels sont les délais d’application de ces deux nouvelles mesures ?
La mesure ISF entre en vigueur pour les versements effectués à compter du 16
juin 2009, c’est à dire que les holdings ISF qui ont été constituées aujourd’hui
ne sont pas concernées pour les investissements réalisés au titre de la
déduction ISF 2009. Par contre, une holding qui investirait dans une PME après
le 16 juin 2009 et qui aurait plus de 50 actionnaires, ne pourrait pas faire
bénéficier ses actionnaires de la réduction ISF.
Quant au nouveau Madelin, il s’applique pour les investissements à compter du
1er janvier 2009. Un investissement fait à travers une société holding donne
droit à cette réduction d’impôt si la holding investit dans une petite entreprise
éligible à compter du 1er janvier 2009.
4/ Suite à la nouvelle restriction de la loi ISF, peut-on dire que c’est la
mort annoncée des holdings ISF ?
On ne peut pas dire cela parce qu’elles vont perdurer ; simplement, c’est à mon
avis la mort annoncée de l’efficacité de ces holdings. En d’autres termes, limiter
à 50 actionnaires, cela veut dire que la holding ne va pas pouvoir lever plus de
800.000 ou 1M€ ; c’est une somme relativement faible par rapport aux besoins
de notre économie et de nos entreprises en matière de création et de
financement de leur développement. Cette mesure limite donc énormément
voire dramatiquement le montant des sommes qui seront mises à la disposition
de nos PME.
5/ Quel conseil donneriez-vous aux Business Angels ?
Mon 1er conseil est d’être prudent parce que cette loi de finances a mis en
exergue la limitation du nombre d’actionnaires et l’esprit dans lequel la loi TEPA
avait été initialement votée. Il existe une nouvelle sanction dans notre système
de contrôle fiscal : celle de la « fraude à la loi » qui entraîne une sanction. En
matière de réduction d’ISF, il s’agit d’une restitution de la réduction ISF
majorée d’une pénalité de 80%. Ce sont donc des sanctions extrêmement
élevées, d’autant plus qu’elles s’appliqueront à la holding et non pas
directement aux contribuables